Dimanche 10 décembre 2006, 27ème (26ème) après la Pentecôte

Dimanche 10 décembre 2006, 27ème (26ème) après la Pentecôte, ton 1

Tropaire de la Résurrection (ton 1)

La pierre scellée par les Juifs, et ton corps très pur gardé par les soldats,
Tu ressuscites le troisième jour, ô Sauveur,
donnant la vie au monde.
C’est pourquoi les vertus célestes te crient :
« ô Donateur de vie, gloire à ta résurrection !
« Gloire à ton royaume !
« Gloire à ton économie, seul Ami de l’Homme ! »

Tropaires de l’église

Kondakion de la Résurrection (ton 1)

Ressuscité du tombeau dans la gloire divine, Tu as ressuscité le monde avec toi ;
la nature humaine te chante comme Dieu, la mort s’évanouit, Adam jubile, Seigneur, et Eve, désormais libérée de ses liens, proclame avec allégresse : Ô Christ, c’est Toi qui accordes à tous la Résurrection !

Gloire…

Kondakion de l’église

Et maintenant…

Kondakion de la Mère de Dieu (ton 6)

Protectrice assurée des chrétiens,
médiatrice sans défaillance devant le Créateur,
ne dédaigne pas la voix suppliante des pécheurs !
Mais dans ta bonté hâte-toi de nous secourir, nous qui te crions avec foi:
« Sois prompte dans ton intercession, et empressée dans ta prière, ô Mère de Dieu, secours constant de ceux qui t’honorent ».

Prokimenon (ton 1)

Ps 32, 22 et 1, Septante
Que ta miséricorde, Seigneur, vienne sur nous,
comme nous avons mis en toi notre espérance !

V : Exultez, les justes, dans le Seigneur ! Aux hommes droits convient la louange !

Epître du jour

Ephésiens 6, 10-17

Frères, trouvez votre puissance dans le Seigneur et dans la souveraineté de sa force ! Revêtez la panoplie de Dieu, pour pouvoir tenir devant les méthodes du Diable ; car nous n’avons pas à lutter contre le sang et la chair, mais contre les principautés, les puissances, les princes de ce monde de ténèbres, les esprits de malignité répandus dans les lieux célestes. Endossez donc la panoplie de Dieu, afin que, au jour de malignité, vous puissiez résister, et tenir ferme après avoir tout surmonté. Tenez donc ferme, ayant pour ceinture la vérité, pour cuirasse la justice, pour chaussures le zèle à propager l’Evangile de la paix ; par-dessus tout, saisissez le bouclier de la foi, grâce auquel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du Malin ; prenez enfin le casque du salut et le glaive de l’Esprit, c’est-à-dire le parler de Dieu.

Alléluia (ton 1)

Ps 17, 48 et 51, Septante
Dieu m’accorde la revanche et me soumet les peuples !

V : Dieu accomplit des merveilles pour le salut de son roi ; Il fait miséricorde à son Christ, à David et à sa descendance pour les siècles.

Evangile du jour

Luc 13, 10-17 (notre traduction)

En ce temps-là, Jésus enseignait dans une des synagogues le jour du sabbat. Or il y avait là une femme qui avait depuis dix-huit ans un esprit d’infirmité : elle était toute penchée vers le bas et ne pouvait pas se tourner complètement vers le haut. Jésus, la voyant, l’interpella et lui dit : « Femme, sois déliée de ton infirmité ! » Puis Il lui imposa les mains, et à l’instant même elle se redressa et rendit gloire à Dieu. Mais le chef de la synagogue, indigné parce que Jésus avait fait soigné un jour de sabbat, répondit à cela en disant à la foule : « Il y a six jours pour travailler ; venez donc vous faire soigner ces jours-là, et non pas le jour du sabbat. – Hypocrite, lui dit Jésus ; est-ce que chacun d’entre vous ne délie pas de la crèche son bœuf ou son âne le jour du sabbat pour le mener à l’abreuvoir ? Et cette fille d’Abraham que Satan tenait liée depuis dix-huit ans, ne fallait-il pas la délier de ce lien le jour du sabbat ? » Comme Jésus disait cela, tous ses adversaires étaient remplis de confusion, et la foule entière se réjouit de toutes les merveilles accomplies par lui.

Koinonikon (Chant de communion) du dimanche

Louez le Seigneur des cieux !
Louez-le dans les lieux très hauts !
Alléluia !

Catéchèse

Sens et contenu du carême de Noël – suite !

1. Le combat spirituel décrit dans l’épître : pour se préparer à l’illumination de son esprit et de son cœur, le chrétien mène une lutte à l’égard des « pensées » ou suggestions qui sont d’ordre angélique (« principautés », « puissances », « princes de ce monde de ténèbres », « esprits de malignité répandus dans les lieux célestes »). Le mal est d’origine spirituelle, non psychologique ou physique (« sang et chair »). Le jeûne et l’abstinence servent donc seulement de point d’appui, de support à un combat très subtil : « Délivre-nous du Malin ! », nous a appris à prier le Christ (et non : délivre-nous de la chair !). Le combat consiste ainsi à nous garder, ou à nous purifier, des pensées : là commence le péché – pensées de convoitise, de jugement, de vanité, etc. Le Diable étant un ange déchu, sa « méthode » est donc incorporelle : son attatque commence par la pensée, continue par l’imagination et aboutit à l’acte. Le chrétien lutte avec la méthode correspondante (« panoplie de Dieu ») : la « vérité » (confesser la vérité révélée, mais aussi dire la vérité sur soi, confesser ses péchés), la « justice » (s’exercer à être « juste », dans tous les sens, y compris la « justesse », le discernement), « le zèle à propager l’Evangile de la paix » (témoigner de notre foi, parler du Christ et de ce qu’Il a fait pour nous), « la foi » (confiance absolue en Dieu et en sa miséricorde : ne pas douter !), le « parler de Dieu » : non seulement parler au sujet de Dieu, mais parler comme Il parle, adopter son langage, sa langue – que ses pensées deviennent nos pensées (par l’écoute assidue de la Parole, la participation aux offices de l’Eglise et la prière personnelle fréquente : lui parler.). Nous jouirons ainsi de son Esprit : pas seulement la mentalité divine (ce qui est déjà remarquable chez les saints !), mais la divine inspiration prophétique, le Souffle qui est Dieu, « le Saint, le Seigneur, le Vivifiant » (Symbole). Le but de l’Avent comme des autres carêmes de l’Eglise est donc de vivre selon l’Esprit du Père : c’est dans cet Esprit exclusivement que nous pouvons reconnaître en Jésus Christ son Fils unique engendré.

2. L’œuvre du Fils : le symbole de la Femme courbée. Au 1er degré, le Christ a réellement guéri cette femme, comme Il guérit de nos jours (exemples tout proches de nous, à notre époque, dans nos familles) ; au 2ème degré, le Femme courbée est l’allégorie de la Synagogue, courbée sous le fardeau de la Loi (cf. l’ensemble du texte), et « déliée » par le Christ, Messie divin. 3ème degré : en ce temps de l’Avent (Avent = « adventus », venue), Jésus nous fait « nous redresser ». Le chrétien relève la tête : il attend l’accomplissement de l’Histoire par la manifestation glorieuse du Verbe (« Il vient à  nouveau en gloire », Symbole). Le Messie est le Libérateur, Il « délie », Il arrache l’humanité penchée vers la terrre (préoccupations terrestres et matérielles), c’est-à-dire vers la mort, prisonnière surtout de l’ignorance. Il l’affranchit par la révélation parfaite du Père, révélation exclusivement due au Fils. Il délie l’humanité de la magie du sexe et des forces asservissantes de la nature, pour lui rendre sa responsabilité cosmique. Nous prions debout, face au Christ qui vient en juge miséricordieux.
4èmement, la Femme courbée est encore la condition féminine, libérée de toutes ses humiliations historiques par l’incarnation virginale : en se faisant Homme, le Verbe promeut la femme à la dignité royale de celle qui regarde en haut (le nom de Marie = « celle qui voit Dieu ») vers le Père, directement, sans passer par l’homme, sens profond de sa maternité virginale. Dans l’Annonciation (25.3), Il l’a purifiée ; dans la Nativité (25.12), Il l’a magnifiée. La Mère de Dieu est l’annonciatrice d’une féminité libre du souci de séduire, de l’obsession biologique ou légale de la fécondité, et de toute autre seigneurie que celle du Père ; elle désigne également la juste place de l’homme, chef de la femme selon le Christ : « nous la magnifions ! ».

Archiprêtre Marc-Antoine Costa de Beauregard
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