Dimanche 26 novembre 2006, 30ème (24ème) après la Pentecôte

Dimanche 26 novembre 2006, 30ème (24ème) après la Pentecôte

Tropaire de la Résurrection (ton 7):

Par ta Croix, Seigneur,
Tu as détruit la mort ;
Tu as ouvert au larron le Paradis.
Tu as changé en joie le deuil des saintes femmes
et Tu as donné l’ordre à tes apôtres de proclamer que Tu es ressuscité, ô Christ Dieu, pour donner au monde la grâce du salut.

Tropaire (s) et kondakion (a) de l’église.

Gloire au Père et au Fils et au saint Esprit…

Kondakion de la Résurrection (ton 7)

Désormais la force de la mort est impuissante à retenir les mortels, car le Christ est descendu, brisant et détruisant les puissances de la mort. L’Enfer est enchaîné, les prophètes tous ensemble se réjouissent. Le Sauveur, disent-ils, est apparu à ceux qui demeurent dans la foi: venez, fidèles, prendre part à la Résurrection !

Et maintenant…

Kondakion de la Mère de Dieu (ton 6):

Protectrice assurée des chrétiens,
médiatrice sans défaillance devant le Créateur,
ne dédaigne pas la voix suppliante des pécheurs !
Mais dans ta bonté hâte-toi de nous secourir, nous qui te crions avec foi:
« Sois prompte dans ton intercession, et empressée dans ta prière, ô Mère de Dieu, secours constant de ceux qui t’honorent ».

Prokiménon du dimanche (ton 7)
Ps 28, 11 et 1 , traduction des Septante

Le Seigneur donnera la force à son peuple ; le Seigneur bénira son peuple dans la paix.
– Apportez au Seigneur, fils de Dieu, rapportez au Seigneur gloire et honneur !

Épître

Colossiens 3, 12-16

Frères, vous qui êtes saints et bien-aimés de Dieu, vous qui êtes ses élus, revêtez vos cœurs de tendresse et de bonté, de patience, de douceur et d’humilité. Soutenez-vous mutuellement et, si quelqu’un en veut à quelqu’un, faites-vous grâce les uns aux autres. Puisque le Seigneur vous a fait grâce, faites de même à votre tour. Par-dessus tout cela, revêtez-vous d’amour, qui est le lien de la perfection. Et que la paix du Christ soit l’arbitre de vos cœurs, elle à laquelle, en un seul corps, vous avez été appelés. Enfin, soyez reconnaissants.

Qu’en abondance demeure en vous la parole du Christ. En toute sagesse, instruisez-vous, exhortez-vous mutuellement. Et de tout votre cœur, par des psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels, dans la gratitude, chantez à Dieu !

Alléluia du dimanche (ton 7)
Ps 91, 2 et 3, traduction des Septante

Il est bon de confesser le Seigneur, et de chanter pour ton Nom, Très-Haut !
– pour annoncer au matin ta miséricorde, et ta vérité durant la nuit !

Évangile

Luc 18, 18-27 (notre traduction)

En ce temps-là, un responsable interrogea Jésus et lui dit : « Maître bon, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » Jésus lui répondit : « Pourquoi dis-tu que Je suis bon ? Nul n’est bon que Dieu seul. Tu connais les commandements : Ne commets pas d’adultère, ne tue pas, ne vole pas, ne porte pas de faux témoignage, honore ton père et ta mère. » L’autre répondit : « Tout cela, je l’ai gardé depuis ma jeunesse ! » A ces mots, Jésus lui dit : « Il te manque encore ceci : vends tout ce que tu as, distribue-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux ; puis, viens et suis-moi ! » Quand il entendit ces paroles, l’homme devint très triste, car il était extrêmement riche. Jésus, le voyant attristé, déclara : « Comme il est difficile à ceux qui ont des richesses d’entrer dans le Royaume de Dieu ! Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu ! » Ceux qui écoutaient Jésus lui demandèrent alors : « Qui donc peut être sauvé ? » Jésus répondit : « Ce qui est impossible pour les humains relève de Dieu. »

Catéchèse

Un programme pour le carême de Noël (Avent) – suite ! Les mots-clé de la Parole…

  1. Le programme de saint Paul : une définition des chrétiens (« saints et bien-aimés de Dieu », « ses élus », « grâciés par le Seigneur », « un seul corps », « appelés ») ; des pistes de comportement intérieur et extérieur : image du vêtement revêtu au baptême (« baptisés en Christ, vous avez revêtu le Christ! ») ; forme extérieure à revêtir, le costume chrétien (cf. la panoplie du soldat nouvellement enrôlé : Eph 6, 16-17 ; 1 Th 5, 8). Ce n’est pas seulement l’uniforme initiant à l’esprit de « corps » ecclésial ; c’est aussi (pour fuir toute hypocrisie !) l’attitude intérieure (le « cœur », 3 fois nommé, répond au « corps », comme sa face interne) définie principalement par le pardon (« se faire grâce les uns aux autres»). Souligner le vocabulaire de la grâce : « faire grâce » c’est littéralement « grâcier » ; « être reconnaissants », c’est « être pleins de gratitude », « gracieux », rendre grâce. La grâce vient du Père, elle est incréée, elle est communiquée par l’Esprit, elle est reçue dans la foi au Christ, « habitation » du Verbe dans le cœur baptisé. Elle retourne au Père, dans le même Esprit, au sein de la même foi en Jésus Christ : c’est le contenu de l’action liturgique dont parle l’Apôtre (psaumes, hymnes, cantiques, chants, « de tout cœur ») qui suit la catéchèse (« instruisez-vous », « exhortez-vous »). C’est une description de la vie communautaire (foyer, paroisse, monastère) chrétienne, pour toute la vie, et surtout pendant les temps forts comme l’Avent, temps de jouissance accrue de la grâce.
  2. Le programme du Verbe incarné lui-même : d’abord les saints commandements donnés par lui à Moïse ; puis l’état de disciple, la relation personnelle et mystique de chaque baptisé avec lui. Posons-nous la question (en vue de la confession par exemple) : où en suis-je des commandements ; quelle relation intime ai-je avec le Seigneur ; comment est-ce que je marche à sa suite ? Est-ce que je réponds à son appel – « suis-moi ! » – ou suis-je « tout triste » parce que je suis incapable de renoncement ? Et encore : à quelle « richesse » est-ce que cela serait épanouissant pour moi de renoncer – argent, plaisir, convoitise, oisiveté, confort, domination, culture, savoir, dons charismatiques même, vanité, autre ? Le Verbe incarné ne désigne pas seulement les biens matériels. Comme Il le disait les dimanches précédents, c’est l’asservissement à quoi que ce soit d’autre que la vie du saint Esprit qui « handicape » les croyants. Tous les biens nous viennent de Dieu, Source de tout bien et de toute grâce (Ja 1,17): mais notre attachement (« thésaurisation ») empêche leur retour à Dieu dans l’action de grâce ; notre mentalité de riche empêche la circulation des biens de Dieu, la divine économie de sa générosité. Un bien devient ainsi un mal, un « non-accompli », l’être humain cesse d’évoluer et de progresser vers l’accomplissement de son être dans la ressemblance à son prototype, le Christ. La « tristesse » est le signe du péché ; elle s’oppose à la reconnaissance. Triste est celui qui se préfère à Dieu. Que changer dans ma vie et dans ma mentalité pour connaître la joie du disciple, l’exultation des saints et du monde angélique qui chantent à Noël « gloire à Dieu au plus haut ces cieux ! » ? Que changer pour que puisse venir dans ma vie et l’habiter le Fils unique de Dieu ? L’Avent prépare à la joie qui vient de Dieu et qui retourne à Dieu ! Une autre affliction naît de la conscience douloureuse qu’on a de se priver librement et follement de cet accomplissement en Dieu : cette bonne tristesse se muera, par un vrai repentir, dans la joie de connaître la divine consolation (Matthieu 5, 3-12).

Archiprêtre Marc-Antoine Costa de Beauregard
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