Dimanche 29 octobre 2006, 24ème (20ème) après la Pentecôte, sainte Anastasie le Romaine

Dimanche 29 octobre 2006, 24ème (20ème) après la Pentecôte, sainte Anastasie le Romaine

Tropaire de la Résurrection (ton 3)

       Que les Célestes soient en liesse !
       Que les terrestres se réjouissent !
Car le Seigneur a établi son Règne par son Bras, terrassant la mort par la mort, Lui le Premier-Né d’entre les morts.
Il nous libère du ventre de l’enfer, et offre au monde la grande miséricorde.

Tropaire(s) de l’église

Kondakion(-a) de l’église

Gloire au Père et au Fils et au saint Esprit …

Kondakion de la Résurrection (ton 3)

Du tombeau Tu es ressuscité en ce jour, ô Dieu de miséricorde, nous arrachant aux portes de la mort ;
en ce jour Adam tressaille d’allégresse et Eve danse de joie, et tous ensemble les patriarches et les prophètes chantent inlassablement la force et la puissance de ta divinité.

Et maintenant et toujours …

Kondakion de la Mère de Dieu (ton 6)

       Protectrice assurée des chrétiens,
       médiatrice sans défaillance devant le Créateur,
ne dédaigne pas la voix suppliante des pécheurs !
Mais dans ta bonté hâte-toi de nous secourir, nous qui te crions avec foi:
"Sois prompte dans ton intercession, et empressée dans ta prière, ô Mère de Dieu, secours constant de ceux qui t’honorent".

Prokimenon (ton 3)

Ps 46, 7 et 2, Septante
Chantez un psaume pour notre Dieu, chantez un psaume!
Chantez un psaume pour notre Roi, chantez un psaume!

V : Toutes les nations, battez des mains, acclamez Dieu avec des cris de joie.

Epître

Ephésiens 2, 14-22

Frères, le Christ est notre paix, Lui qui a réuni en un seul peuple les Juifs et les Païens, et qui a fait tomber ce mur de haine qui les séparait. En sacrifiant sa propre chair, Il a mis fin à l’antique Loi, avec tous ses règlements et ses prohibitions. Des deux antagonistes de jadis, Il a formé en lui-même un peuple unique et une humanité nouvelle, réalisant la paix entre eux et les réconciliant avec Dieu. Les uns et les autres, Il les a unis en un seul corps, par cette croix sur laquelle Il a mis à mort l’inimitié. Il est donc venu pour annoncer à tous la bonne nouvelle de la paix, à vous qui étiez loin et à ceux qui étaient proches, de sorte que par lui nous avons, les uns et les autres, libre accès auprès du Père en un seul Esprit saint. Aussi n’êtes-vous plus des étrangers ni des gens de passage, vous êtes concitoyens des saints, vous êtes la maison de Dieu. Vous faites partie d’un édifice qui a pour fondations les apôtres et les prophètes, et dont la pierre d’angle est en personne Jésus Christ. En lui, toute la construction s’élève harmonieusement, pour devenir un temple saint dans le Seigneur. En lui, vous aussi, vous entrez, les uns unis aux autres, comme pierres de cette construction qui deviendra, par l’Esprit saint, la demeure de Dieu.

Alléluia (ton 3)

Ps 30, 2 et 3, Septante
1.En toi, Seigneur, j’ai mis mon espérance : que je ne sois pas confondu pour l’éternité! En ta justice, sauve-moi et délivre-moi!
2.Sois pour moi un Dieu protecteur, une maison de refuge, pour me sauver !

Evangile

Luc 8, 41-56 (notre traduction)

En ce temps-là, un homme du nom de Jaïre, qui était chef de synagogue, s’approcha de Jésus. Tombant à ses pieds, il le suppliait de venir chez lui, parce qu’il avait une fille unique, âgée d’environ douze ans, qui était mourante. Et tandis que Jésus s’y rendait, les foules manquaient de l’étouffer.

Or une femme en état d’hémorragie depuis douze ans et qui n’avait pu être soignée par personne, s’approcha par derrière et toucha la frange du manteau de Jésus ; et à l’instant même son hémorragie cessa. Et Jésus demanda : « Qui m’a touché ? » Comme tous s’en défendaient, Pierre et ses compagnons lui dirent : « C’est Toi qui commande, mais les foules te pressent à t’écraser ! » Jésus reprit : « Quelqu’un m’a touché : J’ai senti qu’une puissance était sortie de moi. » Voyant qu’elle ne pourrait rester cachée, la femme vint toute tremblante et, se jetant aux pieds de Jésus, révéla devant tout le peuple pour quelle raison elle l’avait touché et comment elle avait été guérie à l’instant. Jésus lui dit : « Ma fille, ta foi t’a sauvée ; va en paix ! »

Jésus parlait encore, quand de chez le chef de la synagogue arriva quelqu’un qui dit à celui-ci : « Ta fille est morte, ne dérange plus le Maître ! » Mais Jésus, qui avait entendu, lui répondit : « N’aie pas peur; crois seulement, et elle sera sauvée ! » Arrivé à la maison, Jésus ne laissa personne entrer avec lui, sauf Pierre, Jean et Jacques, ainsi que le père et la mère de l’enfant. Tous pleuraient et se lamentaient sur elle, mais Jésus leur dit : « Ne pleurez pas, elle n’est pas morte, mais elle dort ! » Et les gens se moquaient de lui, sachant bien qu’elle était morte. Mais Jésus prit souverainement la main de la petite fille et lui dit à haute voix : « Enfant, réveille-toi ! » Le souffle lui revint et, à l’instant même, elle ressuscita. Et Jésus ordonna de lui donner à manger. Ceux qui l’avaient engendrée étaient hors d’eux-mêmes, mais Jésus leur recommanda de ne dire à personne ce qui était arrivé.

Catéchèse

Le mystère de l’Eglise dans tous les textes du jour

  1. L’Eglise dans l’épître : réunion d’un seul Peuple, « Juifs et Païens », « peuple unique », « humanité nouvelle » (prok.: « toutes les nations »), grâce à la Croix (le sacrifice de lui-même) ; tout antagonisme entre Juifs et non Juifs est anachronique. Unité de l’Eglise : l’Evangile, l’accès au Père dans l’Esprit. Image de la « maison de Dieu », avec « édifice », « fondations », « construction », « pierre d’angle », « temple saint », les baptisés sont les « pierres » vivantes de cette « demeure de Dieu ». Acquérons le sens de l’Eglise, la conscience d’être chacun un élément indispensable. Commentez le répons de matines : « le Seigneur est Dieu… la pierre qu’avaient rejeté les bâtisseurs est devenue la tête d’angle, c’est d’auprès du Seigneur qu’elle est advenue et elle est admirable à nos yeux ». Cette image de l’Eglise vient du Christ lui-même (Matt 21, 42). Autres métaphores pour l’Eglise : le corps (Jn 2, 21 ; Eph 4, 12), la vigne (Jn 15, 1), l’épouse (Matt 28, 18-20 ; 2 Co. 11, 2), la cité (Hb.12, 22 : Jérusalem).

  2. L’Eglise dans l’évangile : a) historicité et réalisme du texte; b) théologiquement : le Christ Pantocrator, au milieu du collège des apôtres (Pierre, Jacques et Jean), se penche sur son peuple avec compassion (« n’aie pas peur », « ne pleurez pas ») ; par sa main « souveraine », par sa puissance (dunamis) créatrice (« le souffle lui revint »), Il arrache l’humanité à la mort (icône du Samedi saint) : comparer avec la résurrection du jeune de Naïm, Luc 7, 11-16; c) mystique de l’éveil (Jaïre = l’Eveillé ; « réveille-toi »), la mort est définie comme sommeil (« elle dort », dormition) ; Lazare fut « réveillé » (Jn 12, 9). Question : pour quelle réalité de ma vie (sang = âme – cf.Ps 50, 16; fille = œuvres), le temps de l’accomplissement (le chiffre 12) est-il arrivé ? Que signifie pour moi l’« éveil » ? L’Eglise définie par la rencontre de la Foi (« crois seulement ») et de la Personne divine : y sont vaincues la souffrance et la mort (2 sens de « sauver »); lieu de naissance à la vie selon l’Esprit par qui l’être humain (« fille », « enfant ») découvre le Père céleste. Jésus est l’icône de cette paternité – sens 3 de « être sauvé » : de la mort de l’ignorance, passer (Pâque !) à la connaissance et à la Vie !

Archiprêtre Marc-Antoine Costa de Beauregard
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