Dimanche 27 août 2006, 11ème après la Pentecôte

Dimanche 27 août 2006, 11ème après la Pentecôte

Tropaire de la Résurrection (ton 2)

Lorsque Tu es descendu vers la mort, immortelle Vie, l’enfer fut renversé par la splendeur de ta divinité ; et, lorsque Tu ressuscitas les morts qui gisaient au fond du tombeau, tous les anges dans les cieux se mirent à chanter : Gloire à toi, Source de vie, ô Christ notre Dieu !

Tropaire(s) et kondakion(a) de l’église.

Gloire au Père et au Fils et au saint Esprit …

Kondakion de la Résurrection (ton 2)

Lorsque Tu es ressuscité du tombeau, Sauveur tout-puissant, l’enfer à la vue de ce miracle fut saisi de frayeur ; les morts se sont levés et, en te voyant, la création partage ta joie, Adam s’unit à l’allégresse ; et le monde, ô mon Sauveur, te chante pour toujours !

Et maintenant et toujours …

Kondakion de la Mère de Dieu (ton 6)

Protectrice assurée des chrétiens, Médiatrice sans défaillance devant le Créateur, ne dédaigne pas la voix suppliante des pécheurs ! Mais dans ta bonté hâte-toi de nous secourir, nous qui te crions avec foi: « Sois prompte dans ton intercession, et empressée dans ta prière, ô Mère de Dieu, Secours constant de ceux qui t’honorent ».

Prokimenon du dimanche en ton 2

Le Seigneur est ma force et mon chant
et Il s’est fait mon salut.

V : Le Seigneur m’a châtié et châtié encore pour m’éduquer, mais Il ne m’a pas livré à la mort.

Épître

1 Corinthiens 9, 2-12

Frères, si pour d’autres, je ne suis pas apôtre, je le suis du moins pour vous ; car le sceau de mon apostolat, c’est vous qui l’êtes, dans le Seigneur. Ma défense contre mes accusateurs, la voici. N’aurions-nous pas la liberté de manger et de boire ? N’aurions-nous pas la liberté d’être accompagnés partout d’une femme, d’une sœur, comme les autres apôtres, les frères du Seigneur et Céphas ? Moi seul et Barnabé n’avons-nous pas la liberté de ne pas travailler ? Qui sert jamais dans l’armée à ses propres frais ? Qui plante une vigne sans en manger les fruits ? Ou qui fait paître un troupeau sans se nourrir du lait du troupeau ? Cela n’est-il qu’un usage humain, ou la Loi ne dit-elle pas la même chose ? En effet, il est écrit dans la loi de Moïse : « Tu ne muselleras pas le bœuf qui foule le grain ». Dieu s’inquiète-t-Il des bœufs ? N’est-ce pas pour nous qu’Il parle ? Oui, c’est pour nous que cela a été écrit ; car il faut de l’espoir chez celui qui laboure, et celui foule le grain doit avoir l’espoir d’en recevoir sa part. Si nous avons semé pour vous les biens spirituels, serait-il excessif de récolter vos biens matériels ? Si d’autres prennent part de cette liberté à votre égard, pourquoi pas nous à plus forte raison ? Mais nous n’avons pas usé de cette liberté. Nous supportons tout, au contraire, pour ne créer aucun obstacle à l’Evangile du Christ.

Alléluia du dimanche en ton 2

Que le Seigneur t’exauce au jour de la tribulation !
Que le Nom du Dieu de Jacob te protège !

V : Seigneur, sauve le Roi, et exauce-nous, le jour où nous t’invoquerons !

Évangile

Matthieu 18, 23-25

En ce temps-là, [après avoir dit de pardonner soixante-dix-sept fois sept fois], Jésus dit cette parabole: « Aussi le Royaume des cieux ressemble-t-il à un roi humain qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. Il commençait ce bilan, quand on lui en amena un qui devait dix mille talents. Comme il n’avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre ainsi que sa femme, ses enfants et tout ce qu’il possédait, et de rembourser sa dette. Se jetant alors à ses pieds, le serviteur, prosterné, lui disait : « Sois patient avec moi, et je te rembourserai tout ! » Pris de miséricorde, le maître de ce serviteur le laissa aller et lui remit sa dette. En sortant, ce serviteur rencontra un de ses coserviteurs, qui lui devait cent pièces d’argent ; il le saisit et l’étouffait, en lui disant : « Rembourse ce que tu dois ! » Son coserviteur se jeta donc à ses pieds et il le suppliait en disant : « Sois patient envers moi, et je te rembourserai ! » Mais l’autre ne voulut pas : mais il le fit jeter en prison, jusqu’à ce qu’il eût remboursé ce qu’il devait. Voyant ce qui venait de se passer, ses coserviteurs furent profondément attristés et ils allèrent informer leur maître de tout ce qui était arrivé. Alors, le faisant venir, son maître lui dit : « Mauvais serviteur, je t’avais remis toute ta dette, parce que tu m’en avais supplié. Ne devais-tu pas, toi aussi, faire miséricorde à ton compagnon, comme moi-même je t’avais fait miséricorde ? » Et, dans sa colère, son maître le livra aux tortionnaires, en attendant qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait. »

C’est ainsi, conclut Jésus, que mon Père céleste fera avec vous, si chacun ne pardonne pas à son frère du fond de son cœur. »

Koinonikon (chant de communion) du dimanche

« Louez… »

Catéchèse

Retour sur le ministère de l’Eglise, ministère de la miséricorde divine

  • dans l’épître, saint Paul sur les conditions matérielles du ministère apostolique (vie familiale, travail). Nos évêques, prêtres et diacres – quelle que soit leur abnégation ! – sont l’objet de notre sollicitude : comment vivent-ils ? Quelles sont leurs ressources ? Quelle fraternité connaissent-ils ? Demandons-le-nous… Les « biens matériels » peuvent-ils exprimer notre gratitude pour les « biens spirituels » ?
  • dans l’évangile, le « roi humain » est l’image du ministère apostolique de la miséricorde : l’évêque, en tant qu’icône du maître de maison, a la liberté de délier et de remettre les dettes à celui qui le demande avec instance. Il a aussi celle de lier et de sanctionner avec justice : de révéler le lien spirituel dont la personne est captive (en ne voulant pas délier, le serviteur s’est montré lui-même lié). Or ce ministère du pardon est également celui des laïcs, « coserviteurs » du Seigneur : leur dignité est d’exercer, en membres du sacerdoce royal, le ministère du pardon. Car la liberté et la charge de remettre les dettes ont été données à l’ensemble du corps ecclésial dans le baptême. Pasteurs et laïcs (= l’assemblée des croyants) seront jugés à leur miséricorde, au « redoutable tribunal du Christ ». Il était juste de lier ; il était miséricordieux de délier. L’enfer est tortures du pardon non accompli, de l’amour non manifesté, supplice du non amour, libre défaillance dans le ministère de la miséricorde, icône de la paternité de Dieu ; douleur de la contradiction spirituelle de qui ne veut pas accomplir le « remets-nous nos dettes comme nous les remettons ». « Bienheureux les miséricordieux… » (Matt 5, 7).
  • – le pardon est rigoureusement remise d’une dette réelle (ce que nous devons à Dieu, ce que nous nous devons les uns aux autres); il « libère » (laisse aller) la personne, au lieu d’exiger ce qui est légitiment dû. Fruit de la miséricorde, il vient « du fond du cœur » ou n’est pas. Il délie aussi celui qui pardonne.
  • – la « colère » consiste à être livrés à nous-mêmes, abandonnés à nos contradictions spirituelles, à nos tortionnaires intérieurs. Un Père disait que le « péché contre l’Esprit » est le refus de la miséricorde.
  • – « miséricorde » se rapporte à des entrailles paternelles ou maternelles qui se serrent de compassion pour la souffrance d’autrui (le « frère », l’enfant) ; le mot remplace aussi souvent que possible « pitié ». « Kyrie eleison ! » se traduit par « Seigneur, miséricorde ! ». Cela donne : « Fais-nous miséricorde ! », « Miséricorde pour moi pécheur ! », « Miséricorde pour nous tes serviteurs ! ». Et encore : « Gloire à ta miséricorde infinie, Seigneur, gloire à toi ! »

Archiprêtre Marc-Antoine Costa de Beauregard
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