Martyre – Témoignage – Être – Épreuve – Amour

Martyre – Témoignage – Être – Épreuve – Amour

Si on a peur de ce qu’on est, c’est parce qu’on ne l’est pas. On  croit l’être, mais on ne l’est pas vraiment.

Quelqu’un m’a demandé pourquoi se sacrifier pour le Christ est mieux (ou a plus de valeur) que de se sacrifier pour le foot, pour la physique quantique ou pour toute autre cause. En effet, la question ainsi posée, cela pourrait être la même chose.  Mais le martyre n’est pas  « sacrifice pour le Christ » – il est d’abord, premièrement et avant tout Être. Les martyrs n’ont fait qu’être ce qu’ils étaient. Et ils n’ont pas eu peur (jusqu’à la fin) précisément parce qu’ils l’étaient vraiment. Leur mort – c’est les circonstances, et l’affaire de ceux qui ont décidé de les mettre à mort (non pas en dehors du dessein de Dieu). De fait, leur martyre n’était autre que le témoignage existentiel, essentiel et fondamental de ce qu’ils Étaient – et cela dans leurs situations données, uniques à chacun, les a conduits à la mort en ce qu’ils ont été jusqu’à la fin.

Tout témoignage authentique d’Être dans l’épreuve est martyria, martyre.

« Toute épreuve selon Dieu est une œuvre authentique de piété ; la vraie charité fait sa preuve dans l’adversité. » [1] « L’amour du Christ, en effet, fait ses preuves dans l’adversité. » [2]

D’autre part, il me semble qu’il peut y avoir quelque chose dans l’autre sens aussi : toute épreuve est à la mesure de l’être, à la mesure de la vertu, à la mesure de l’amour, à la mesure de la foi, à la mesure de l’espérance à juger, à vérifier (en consistance).

Mais il n’y a pas que les épreuves, que les tribulations, que les contradictions. Il y a aussi la joie, la connaissance avec justice, la paix. Les deux, il nous faut les accueillir. Car : « Si tu accueilles d’une âme égale l’enchevêtrement du bien et du mal, Dieu écartera les causes de trouble. » [3]

Cela est bien signifié dans le rituel du couronnement du sacrement du mariage.
D’une part, par amour, l’époux et l’épouse se font l’un l’autre couronne de roi  / reine : « Le serviteur de Dieu (N.) reçois pour couronne la servante de Dieu (N.), au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. » « La servante de Dieu N. reçois pour couronne le serviteur de Dieu N., au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. » A cause de cet amour ils règnent avec le Christ dans Son Royaume :
22:25 Jésus leur dit: Les rois des nations les maîtrisent, et ceux qui les dominent sont appelés bienfaiteurs.
22:26 Qu`il n`en soit pas de même pour vous. Mais que le plus grand parmi vous soit comme le plus petit, et celui qui gouverne comme celui qui sert.
22:27 Car quel est le plus grand, celui qui est à table, ou celui qui sert? N`est-ce pas celui qui est à table? Et moi, cependant, je suis au milieu de vous comme celui qui sert.
22:28 Vous, vous êtes ceux qui avez persévéré avec moi dans mes épreuves;
22:29 c`est pourquoi je dispose du royaume en votre faveur, comme mon Père en a disposé en ma faveur,
22:30 afin que vous mangiez et buviez à ma table dans mon royaume, et que vous soyez assis sur des trônes, pour juger les douze tribus d`Israël.
(Luc 22, 25-30 ; trad. Luis Segond)

D’autre part, on leur chante aux mariés : « Saints Martyrs, qui avez combattu noblement et dans le ciel avez été couronnés, intercédez auprès du Seigneur, pour qu’Il sauve nos âmes. » Ces couronnes sont celles du martyre – car ce même amour les fait porter les faiblesses l’un de l’autre : « Si au moment où la tentation arrive quelqu’un va faire patience avec son prochain, c’est comme la fournaise de Babylone, où le trois jeunes gens ont trouvé le fils de Dieu. (Daniel 3) » [4]

Le martyre – notre exercice de tous les jours !

p.iulian

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Notes :

[1] Marc le Moine, La loi spirituelle, 65 (trad. de SO 41). Ou, dans la traduction de SC 445 : « Toute tribulation vécue selon Dieu est une œuvre de piété très solide. En effet l’authentique charité se révèle à l’épreuve des contradictions. »

[2] Id., 90 (trad. de SO 41). Ou, dans la traduction de SC 445 : « Car la charité envers le Christ est jugée par l’épreuve des contradictions. »

[3] Id., 160 (trad. de SO 41). Ou, dans la traduction de SC 445 : « Reçois en toute sérénité de pensée les biens et les maux imbriqués ensemble ; c’est encore une façon dont Dieu détruit les effets de l’inégalité. »

[4] Patérikon égyptien, XVIII, 6 (éd. roumaine – apophtegme non-identifiée dans les collections occidentales).

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