Dimanche 5 mars 2006, le Paradis perdu – dimanche du Pardon (dernier jour des laitages et des oeufs)

Dimanche 5 mars 2006, le Paradis perdu – dimanche du Pardon (dernier jour des laitages et des oeufs)

Tropaire de la Résurrection (ton 4)

Les femmes disciples du Seigneur, ayant appris des anges la prédication lumineuse de la Résurrection, et le terme de l’ancestrale condamnation, louent Dieu, disant aux apôtres : « Renversée est la mort ! Le Christ est ressuscité, donnant au monde sa grande miséricorde ! »

Tropaire(s) de l’église

Gloire au Père et au Fils et au saint Esprit …

Kondakion(-a) de l’église

Et maintenant et toujours …

Kondakion du Triode, ton 6 (notre traduction)

Initiateur en sagesse et Guide en intelligence, Pédagogue des égarés, Protecteur des pauvres, fortifie et instruis mon cœur, ô Maître ! Accorde-moi la parole, ô Parole du Père, car je ne puis retenir mes lèvres de te crier : « Ô Miséricordieux, fais-moi miséricorde, à moi qui me suis trompé! »

Prokimenon du Triode en ton 8

Ps 75, 12 et 2 (trad. des Septante)
Prononcez des vœux et accomplissez-les pour le Seigneur notre Dieu !

V/ : Dieu est connu en Judée, en Israël son Nom est grand!

Epître

Romains 13, 11-14 ; 14, 1-4 (notre traduction)

Frères, vous savez en quelle circonstance favorable nous sommes : voici l’heure de vous lever du sommeil ; en effet le salut est désormais plus près de nous que lorsque la foi nous fut donnée. La nuit s’avance, le jour est proche. Laissons là les œuvres de ténèbres et revêtons les armes de lumière. Comme en plein jour, conduisons-nous avec dignité : point de ripailles ni d’enivrement, pas de mollesse ni de mœurs relâchées, pas de querelles ni de rivalités. Mais revêtez-vous du Seigneur Jésus Christ, et n’accomplissez pas les projets de la chair pour en satisfaire les convoitises. Envers celui qui est faible dans la foi, soyez accueillants, sans vouloir discuter des opinions. Tel a confiance qu’il peut manger de tout, tel autre, par faiblesse, se nourrit de légumes. Que celui qui mange ne méprise pas celui qui ne mange pas, et que celui qui ne mange pas ne juge pas celui qui mange, puisque Dieu l’a accueilli. Toi, qui es-tu, qui juge le serviteur d’autrui ? Qu’il demeure ferme ou qu’il tombe, c’est l’affaire de son maître. D’ailleurs il restera ferme, car le Seigneur a le pouvoir de le soutenir.

Alléluia du Triode en ton 4

Ps 91, 2 (trad. des Septante)
Il est bon de confesser le Seigneur, et de chanter pour ton Nom, Très-Haut ! – pour annoncer au matin ta miséricorde, et ta vérité durant la nuit !

Alléluia du saint (ton 1)

Ps 91, 2 et 3 (trad. des Septante)
Il est bon de confesser le Seigneur, et de chanter pour ton Nom, Très-Haut !
– pour annoncer au matin ta miséricorde, et ta vérité durant la nuit !

Evangile

Matthieu 6, 14-21 (n. trad.)

En ce temps-là, le Seigneur dit : « Si vous pardonnez leurs fautes aux humains, votre Père céleste vous pardonnera à vous aussi ; mais si vous ne pardonnez pas aux humains, votre Père ne vous pardonnera pas vos fautes.
Quand vous jeûnez, ne devenez pas comme les hypocrites à l’air triste : ils dissimulent leur visage pour apparaître aux humains comme jeûnant. Amen, Je vous le dis, ils ont reçu leur salaire. Toi, quand tu jeûnes, frotte-toi la tête d’huile et lave-toi le visage, pour paraître jeûner non devant les humains, mais devant ton Père qui est dans le secret ; et ton Père qui voit dans le secret te le rendra.
Ne vous amassez pas de trésors sur la terre où les vers et la corrosion les rongent, et où les voleurs percent et dérobent ; mais amassez-vous des trésors dans le ciel où ni vers ni corrosion ne rongent, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent : car là où est ton trésor, là sera également ton cœur. »

Catéchèse

Le Carême, acquisition de la joie pascale, celle du « Vivant revenu de chez les morts »

L’évangile de ce jour comporte trois enseignements.

  1. Le pardon (ou remise des dettes), commentaire du Notre-Père que Jésus vient d’apprendre à ses disciples (Matt 6, 9-13). Notre pardon conditionne le pardon de Dieu ! Pourtant le pardon est inconditionnel : mais si nous ne pardonnons pas, nous nous conditionnons nous-mêmes et nous conditionnons Dieu en nous fermant au pardon qu’Il nous donne. La rancune, le ressentiment, d’une manière générale le jugement, ferment la porte au Salut. C’est pourquoi, si nous ne pardonnons pas, nous ne pouvons nous approcher du Corps et du Sang précieux du Seigneur Jésus. Si nous le faisons, nous méprisons cette parole de Jésus lui-même. Le dimanche du Pardon, nous nous mettons à pardonner à ceux qui nous ont offensés, afin d’être pardonnés par Dieu de nos nombreux péchés et de participer à la Pâque du Seigneur. D’une certaine façon, nous sommes responsables de notre propre salut : à nous d’ouvrir la porte en pardonnant. Le pardon que nous accordons à ceux qui nous ont offensés est la clef de la liberté pour nous, pour le prochain, pour nos frères dans la société : cette clé donne également au Père céleste la liberté d’agir chez nous avec son Verbe et son Esprit. Ne nous opposons pas au salut ! Libérons nos familles, nos paroisses, nos Eglises et notre monde entier par le pardon, car le ressentiment, même non connu, pèse lourdement sur nos communautés et sur notre monde. Commençons ! Que chacun entende cet appel à l’initiative : l’enjeu est si enthousiasmant !
  2. La vérité du jeûne (jeûne strict ou abstinence). Cette pratique universelle et ancienne doit être sans mensonge devant Dieu ; elle conduit à l’intimité avec le Père. Le croyant jeûne pour trouver le Père céleste. Cela définit le Carême : période de quête de la paternité divine (pensons à la parabole des deux fils). Le Christ est le Fils unique de Dieu venu dans le monde pour révéler le Père par l’Esprit saint. Et le jeûne, comme le pardon des offenses, est une clef qui ouvre la porte secrète du Père. En effet, le jeûne appartient au Fils : à son jeûne de quarante jours dans le désert, nous communions en jeûnant ; par son jeûne, son renoncement total sur la Croix et sa joie totale du troisième jour, Il nous montre le Père. Personnel, non individuel, le jeûne est ainsi ecclésial et communautaire. Il est saint
  3. L’ordre des valeurs : à quoi suis-je attaché ? De quoi suis-je dépendant ? A quoi suis-je prêt à sacrifier le reste ? Qu’est-ce qui est mon trésor : plaisir, argent, formalisme religieux, confort spirituel et matériel, péchés, erreurs, préjugés – ne suis-je pas à moi-même mon trésor ? Les saints Pères disent que l’amour de soi est la racine de tous les maux… Le Carême, un temps pour prendre goût à la vie en Dieu, pour apprendre à mettre son plaisir, sa force et son bonheur en lui : « goûtez et voyez combien le Seigneur est bon ! », chante la divine liturgie des Présanctifiés. Que notre amour du plaisir trouve sa satisfaction dans l’accomplissement de la volonté divine ! Que notre amour de nous-mêmes s’efface devant l’amour que Dieu a pour nous ! Il nous aime plus que nous ne nous aimons : vérité vivante à découvrir… Préférons-le à tout : Il est si bon, si beau, si vrai ! Et nous saurons, par le saint Esprit, combien le Père nous préfère à lui-même ; comment le Fils sacrifie sa gloire par amour pour nous ! « Le don de l’abstinence est un trésor inépuisable, et celui qui l’acquiert thésaurise auprès de Dieu »…

Archiprêtre Marc-Antoine Costa de Beauregard
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