Dimanche 12 février 2006, dimanche du Publicain et du Pharisien

Dimanche 12 février 2006, dimanche du Publicain et du Pharisien

Tropaire de la Résurrection (ton 1)

La pierre scellée par les Juifs, et ton corps très pur gardé par les soldats,
Tu ressuscites le troisième jour, ô Sauveur,
donnant la vie au monde.
C’est pourquoi les vertus célestes te crient :
       « ô Donateur de vie, gloire à ta résurrection !
       « Gloire à ton royaume !
       « Gloire à ton économie, seul Ami de l’Homme ! »

Tropaire(s) de l’église

Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit…

Kondakion(-a) de l’église

Et maintenant et toujours et dans les siècles des siècles : Amen !

Kondakion du Triode (ton 4)

Du Pharisien fuyons la jactance ! du Publicain apprenons l’humilité et gémissons sur nos péchés, en disant au Sauveur : « Pardonne-nous, Seigneur, qui seul es indulgent ! »

Prokimenon (ton 1)

Ps 32, 22 et 1, Septante
Que ta miséricorde, Seigneur, vienne sur nous,
comme nous avons mis en toi notre espérance !

V : Exultez, les justes, dans le Seigneur ! Aux hommes droits convient la louange !

Epître

2 Timothée 3, 10-15

Toi, Timothée, mon enfant dans la Foi, tu m’as suivi dans mon enseignement, dans ma conduite et mes projets, dans la foi, la patience, dans l’amour du prochain et la constance, dans les persécutions et les souffrances qui me furent infligées à Antioche, à Iconium et à Lystres. Quelles persécutions n’ai-je pas eu à subir ! Et de toutes le Seigneur m’a délivré. D’ailleurs, tous ceux qui veulent vivre avec piété dans le Christ Jésus seront persécutés ; tandis que les méchants et les imposteurs feront toujours plus de progrès dans le mal, égarant les autres et s’égarant eux-mêmes. Mais toi, demeure ferme dans ce que tu as appris et en quoi tu as mis ta foi, sachant de quelles personnes tu l’a appris : car depuis l’enfance tu connais les saintes Écritures qui peuvent te procurer la sagesse en vue du salut par la foi dans le Christ Jésus.

Alléluia (ton 1)

Ps 17, 48 et 51, Septante
Dieu m’accorde la revanche et me soumet les peuples !

V : Dieu accomplit des merveilles pour le salut de son roi ; Il fait miséricorde à son Christ, à David et à sa descendance pour les siècles.

Evangile

Luc 18, 10-14

En ce temps-là, Jésus dit la parabole suivante.

Deux hommes montèrent au temple pour prier, l’un était pharisien et l’autre publicain. Le pharisien, debout, priait ainsi en lui-même : « Ô Dieu, je te rends grâce de ce que je ne suis pas comme les autres êtres humains, qui sont avides, injustes, adultères, ou bien comme ce publicain. Je jeûne deux fois par semaine et j’acquitte la dîme de tout ce que je possède. » Quant au publicain, se tenant à l’écart, il ne voulait même pas lever les yeux au ciel, mais il se frappait la poitrine en disant : « Ô, Dieu, sois favorable à moi, pécheur ! » Je vous le dis, ajouta Jésus, celui-ci descendit chez lui justifié, au contraire de celui-là, car qui s’élève sera abaissé, mais qui s’abaisse sera élevé.

Catéchèse

Un enthousiasmant pré-Carême ! Les préparatifs pour le combat spirituel…

  1. qu’est-ce qu’une parabole ? Ce qui nous est présenté aujourd’hui : une histoire à valeur symbolique et pédagogique. Jésus Christ, le Maître, enseigne de façon indirecte ; Il laisse place à l’Esprit qui fera voir à chacun en quoi l’anecdote le concerne. C’est différent des histoires vraies (l’aveugle, Zachée, la Cananéenne) des dimanches précédents, faits attestés par des témoins : leur valeur historique se prolonge dans le sens symbolique et mystique que l’Esprit nous révèle. Le récit véridique va de l’histoire  (« pour de vrai » !) au symbole : la parabole va du symbolique à notre chronologie et à notre vérité personnelles ;
     
  2. la signification de cette parabole est donnée par le Synaxaire (exposé du contenu des fêtes) au début du Triode (volume liturgique utilisé par l’Orthodoxie pour le grand Carême). La « fête » du Publicain et du Pharisien, comme celles des deux prochains dimanches, a été « conçue par les saints Pères comme une préparation et un entraînement, afin que nous soyons préparés et prédisposés aux combats spirituels du Carême, en renonçant à nos habitudes mauvaises ». Nos saints Pères nous proposent la parabole de ce jour « pour acquérir le repentir et l’humilité et ils nous mettent en garde contre le plus grand obstacle (au salut) : la prétention et la vanité ». C’est par l’orgueil que Satan « devint ténèbres » et qu’Adam perdit le Paradis. « Le Seigneur résiste aux orgueilleux, mais Il accorde aux humbles sa grâce. Il vaut mieux se repentir après avoir péché que s’enorgueillir d’avoir fait ce qui est juste ». Humble, celui qui sait n’avoir droit à rien. L’humilité est la porte du Paradis !
     
  3. le psaume 33 peut nous aider : il est lu à l’issue de chaque célébration de la divine liturgie, notamment en semaine après l’office des Présanctifiés. Nous y chercherons avec bonheur la correspondance avec les textes (épître et évangile de ce jour) : il pourra nous accompagner pendant tout le Carême. Pourquoi ne pas, nous et nos enfants, l’apprendre par cœur ?
     
  4. que signifie dans l’évangile de ce jour : « être justifié » ? On peut traduire « considéré comme juste » ou « traité avec justice ». Le premier sens se retrouve chez saint Paul qui parle de « la justice qui vient de Dieu et s’appuie sur la Foi » (Ph.3, 9). Le pharisien se croit juste parce qu’il suit la loi de Dieu ; il compte sur ses propres mérites, mais est perdu par l’orgueil. Le publicain gagne sur les impôts que paye son peuple à l’occupant ; quel mérite aurait-il ? Mais il est « considéré comme juste » parce qu’il met toute sa foi dans la mséricorde de Dieu. Cette foi absolue et en Dieu seul, en une grâce qui accomplit la Loi, fait de lui un juste, la conviction de son indignité le rend digne de l’amour de Dieu. Au dernier jour, « nous entendrons le Verbe : Approchez, dira-t-Il, approchez, vous aussi les ivrognes, approchez, les faibles créatures éhontées ! (…) Et alors vers lui se tourneront les intelligents et ils s’écrieront : Seigneur ! Pourquoi reçois-Tu ceux-là ? Et Lui dira : Je les reçois, ô sages, je les reçois, ô vous intelligents, parce qu’aucun d’eux ne s’est jamais cru digne de cette faveur. Et Il nous tendra ses bras divins et nous nous y précipiterons… et nous comprendrons tout…» (Dostoïevsky, Crime et châtiment).
     
  5. l’autre sens, « traité avec justice », veut dire recevoir ce que l’on mérite. Par ses œuvres on peut mériter le châtiment. Mais par l’humilité, à l’image de celle du publicain, on peut être gratuitement gratifié du salaire de la grâce. « Traité avec justice » est celui qui se montre capable de jouir de la grâce du saint Esprit que le Père, au Nom de son Fils Jésus Christ, a préparé pour tous les humains. Injuste devant les humains, le publicain est « traité avec justice » : sa foi est rétribuée par la grâce.
     
  6. l’idéal serait d’avoir à la fois le respect des commandements du pharisien et la foi du publicain : que le Seigneur nous accorde l’un et l’autre ! Sachons que ce qu’Il veut, le but de son sacrifice sur la Croix et de sa glorieuse Résurrection, c’est que les êtres humains puissent vivre selon l’Esprit qui est Seigneur… Faire la volonté de Dieu c’est accomplir ses commandements et, brisant nos cœurs dans le repentir, ouvrir la porte de son amour ! Faire sa volonté c’est chercher son Esprit, tendre, pour couronner la mort et la résurrection, à la Pentecôte personnelle !

Archiprêtre Marc-Antoine Costa de Beauregard
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