Le calendrier orthodoxe

Le calendrier orthodoxe

Ceci n’est pas un étude théologico-hémérologico-liturgique sur le calendrier orthodoxe.

Ce billet ne parle pas de la dispute – triste mais inévitable – entre les adeptes du vieux/ancien calendrier (le calendrier julien) et ceux du nouveau calendrier (grégorien amélioré, ou julien révisé), et les sujets connexes, discussion trop complexe pour ici (1).

Il s’agit juste de donner quelques explications générales sur le calendrier orthodoxe ecclésiastique, ou liturgique, puisqu’on me l’a demandé dans un commentaire du billet Fêtes, saints, calendrier orthodoxe sur la toile.

Les deux cycles annuels du calendrier orthodoxe

En fait, le calendrier orthodoxe (julien révisé, tel qu’ils l’utilisent la plupart des Églises orthodoxes aujourd’hui (2)) est un calendrier « normal »: les mêmes années, les mêmes mois, les mêmes jours… Le 1er septembre comme « début de l’année ecclésiastique » est une précieuse relique, dont on ne veut pas se passer, car elle propose ses symboles et ses sens profitables à la méditation (3).

Sur ce calendrier normal donc, l’Eglise a superposé deux cycles de fêtes, indépenendantes l’un de l’autre: « le cycle annuel fixe, qui s’est organisé à partir du IVe siècle autour des fêtes de Noël et de la Théophanie et très vite développé, et le cycle annuel mobil qui s’est organisé (avant tout à Jérusalem, aux lieux de la passion et de la résurrection du Christ) autour de la semaine sainte de Pâques » (4).

Le cycle fixe

D’une part, l’Église nous propose chaque jour de l’année la mémoire d’un ou de plusieurs saints ou des « grandes fêtes ».

Les fêtes des saints

Le culte des saints (dont la fête est la forme principale) a comme point de départ le culte des martyrs, qui étaient honorés par une assemblée locale de fidèles réunis autour du tombeau d’un martyr (ou du lieu où étaient déposées ses reliques), le jour de l’anniversaire de sa mort, la naissance à la vie éternelle.

A partir du IVe siècle, avec la fin des persécutions et la paix constantinienne, le culte des martyrs se développe, se délocalise et s’universalise: « Au début, chaque Église honorait ses propres martyrs, à l’exclusion des autres ; c’était, pour chaque communauté, une série d’anniversaires de famille. Déjà, dans la première moitié du IVe siècle, on constate des emprunts à des Églises étrangères » (5). Un peu plus tard l’on commença à célébrer, à côté des anniversaires des martyrs, ceux des évêques. Puis, « D’autres noms encore allaient, presque partout, grossir les listes. Ainsi, quelques-uns des plus grands saints du Nouveau Testament sont fêtés dans la semaine de Noël : St. Étienne, St. Jacques et St. Jean, St. Pierre et St. Paul. Nous trouvons déjà ces fêtes établies en Cappadoce, dans le dernier quart du IVe siècle. […] Par une suite naturelle, tous les saints personnages, qui avaient été choisis par Dieu pour coopérer à la Rédemption, dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament, devraient avoir leur place dans l’hommage solennel de la reconnaissance de l’Église […]. Le temps approche où l’objet du culte va une dernière fois s’étendre ; on assimilera aux martyrs les grands ascètes et d’autres personnages illustres par leur sainteté » (6).

Peu à peu donc les fêtes des saints ont commencé à remplir le calendrier. Et jusqu’aujourd’hui – l’année dernière les premiers saints de l’émigration russe en Occident ont été proclamés solennellement par l’Église orthodoxe en France, en la cathédrale Saint-Alexandre-de-la-Néva, rue Daru, à Paris (7).

Les « grandes fêtes »

Les « grandes fêtes » célèbrent la mémoire d’un événement du Salut, de l’action de la grâce de Dieu parmi nous:

Le cycle mobile

D’autre part, nous avons les fêtes du cycle pascal, liés à la date de Pâques (la Résurrection du Seigneur), date mobile, que les Saints Pères du 1er Concile Œcuménique (Nicée, 325) l’ont établie pour le Dimanche qui suit immédiatement la pleine lune après l’équinoxe du printemps.

En fonction de cette date, nous calculons les autres fêtes liées à Pâques:

De la superposition de ces deux cycles, fixe et mobile, il en résulte le calendrier orthodoxe.

p.iulian
ichthus

 

Notes:

(1)Le calendrier julien, dans notre siècle, comporte 13 jours de décalage par rapport au calendrier civil (et grégorien ou le julien révisé par les orthodoxe): ainsi les fêtes fixes de l’Eglise tombent, chez les Eglises Orthodoxes qui utilisent le « nouveau calendrier », treize jours avant le moment où les célèbrent les Eglises Orthodoxes suivant le calendrier julien (les Eglises de Moscou, Patriarcat de Jérusalem, Patriarcat de Serbie, Mont Athos). Quelques liens:

(2) Les Églises orthodoxes qui utilisent le calendrier « nouveau » (julien révisé = grégorien amélioré) sont celles de: Constantinople, Alexandrie, Antioche, Grèce, Chypre, Roumanie, Pologne et Bulgarie. Elles n’ont pas repris tout bêtement le calendrier grégorien des catholiques. Pour l’Église orthodoxe roumaine, par exemple, dans les années 1920 quelques théologiens érudits en pascaliographie ont conçu une réforme « hémérologique orthodoxe roumaine » qui tienne compte des défauts de la réforme grégorienne (voir notamment: Dr. Basile Gheorghiu, Pâques et la réforme hémérologique roumaine. Etude de chonologie et d’hémérologie, Ed. Cartea Româneasca, Bucuresti, 1929).

(3) Voir http://calendrier.egliseorthodoxe.com/sts/stsseptembre/sept01.html

(4) Père Boris Bobrinskoy, La vie liturgique, Catéchèse orthodoxe, Cerf, 2000, p.81

(5) Hippolyte Delehaye, Les origines du culte des martyrs (= Subsidia Hagiographica, 20), 2ème édition, 1933 (réimprimé en 2004), p.91

(6) H. Delehaye, Les origines…, pp. 95-96

(7) Voir http://www.exarchat.org/article.php3?id_article=268

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9 réponses à Le calendrier orthodoxe

  1. Amstrom dit :

    Ce site est très intéressant… Mais, j’aimerai avoir encore petit détail. J’aimerai que vous me répondez par mail. J’ai vu que la Noël chez les orthodoxes c’est le 25 décembre mais j’aurai voulu savoir quand c’est la fête du Nouvel-An. Un tout grand merci.

    Votre dévoué Amström Fäulderstad
    A bientôt. A+. J’espère…

    PS: encore un tout grand merci.

  2. Jean-Michel dit :

    bonjour,

    cela dépend :-)

    dans le calendrier orthodoxe byzantin, c’est le 1er septembre
    stmaterne.blogspot.com/20…

    dans le calendrier orthodoxe occidental, c’est le premier jour de l’Avent, mais calculé

  3. meron dit :

    noel chez les orthodoxes est le 7 janvier, le nouvel an c’est le 11 septmbre.

  4. simou^n Kcer^trefgf dit :

    ce site est très interessant mé bon j’ai rien Kapté

  5. lili dit :

    bonjour, site très interressant, mais compliqué. Je suis orthodoxe serbe et ma fille est dans une école cotholique: sa maîtresse me demande l’équivalent des fêtes toussaint, noël saint nicolas…
    J’ai toujours suivit ce que mes parents me disait, mais à 30 ans je me rend commpte que ma religion est compliqué et je ne sais pas l’expliqué.
    pouvez-vous me conseiller.merci.

  6. Gérard Guyennon dit :

    Bonjour,
    Pourriez-vous m’indiquer la date de Pâques 2009, telle qu’elle est fêtée au Mont Athos.
    Merci.
    Bien à vous.

  7. mubUrgem dit :

    "Le calendrier orthodoxe Par inistea, samedi 8 octobre 2005  à 02:37 :: Catégorie Saints et fГЄtes :: Tags: calendrier, calendrier orthodoxe, fГЄtes, saints :: # 12 :: rss Le calendrier orthodoxe Ceci n’est pas un étude théologico-hémérologico-liturgique sur le calendrier orthodoxe. Ce billet ne parle pas de la dispute – triste mais inévitable – entre les adeptes du vieux/ancien calendrier (le calendrier julien) et ceux du nouveau calendrier (grégorien amélioré, ou julien révisé), et les sujets connexes, discussion trop complexe pour ici (1). Il s’agit juste de donner quelques explications générales sur le calendrier orthodoxe écclésiatique, ou liturgique, puisqu’on me l’a demandé dans un commentaire du billet FГЄtes, saints, calendrier orthodoxe sur la toile."

  8. Ping : Saint Nicolas de Myre (6 décembre) | Echo orthodoxe

  9. jeanne Le bon dit :

    j’ai appris aujourd’hui par une amie qui vit à St PETERSBOURG que NOËL c’est le 31 décembre …

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